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Questions de couples


Que dit l’Eglise sur la pilule ?


L’Eglise se situe avant tout au niveau du sens de la sexualité et de la fertilité comme nous allons le voir.
La pilule est un médicament bloquant l’ovulation et entraînant une infertilité de la femme, et de possibles effets secondaires sur la santé
Pour l’Eglise, la fertilité est une dimension très importante de la personne humaine, puis qu’elle peut permettre la venue d’un enfant.

Lorsqu’on se sépare ainsi de notre fertilité, on porte atteinte à l’unité de notre personne, même si on ne le ressent pas forcément. Il existe de fait un lien très puissant entre les 2 dimensions de la relation sexuelle, l’union amoureuse et la possible procréation. Les oublis involontaires et répétés de pilules témoignent de la profondeur de ce lien et du désir plus ou moins conscient d’enfant. La pilule a certes favorisé la liberté des relations sexuelles, mais pas forcément l’harmonie affective et sexuelle qui suppose écoute, attention à l’autre, et délicatesse.

L’Eglise dit d’abord oui au respect du sens du corps et de la relation sexuelle, elle croit à la capacité de tout couple de découvrir ce langage du corps et de vivre une maîtrise de soi qui permet une vraie liberté dans l’amour.

 


Que dit l’Eglise sur la contraception ?

 

On a souvent l’impression que l’Eglise est rétrograde et qu’elle ne comprend rien à la sexualité des couples. Mais  c’est parce qu’elle a une très haute idée de la sexualité et de la dignité du corps de l’homme et de la femme qu’elle tient le langage qui est le sien, langage si souvent déformé.

La contraception , comme la pilule ou les préservatifs, empêche la rencontre de l’ovule et du spermatozoïde par des moyens chimiques ou techniques. Avoir recours à des moyens de contraception, c’est choisir d’intervenir sur ma fertilité, ou sur celle de mon conjoint, pour vivre notre sexualité.


Or, notre fertilité fait partie de nous, de notre corps, de notre personne. Nous avons été créés ainsi . C’est un don de Dieu qui a une valeur inestimable, car nous pouvons donner la vie à un enfant. La fertilité est vraiment au sommet des fonctions du corps, par la possibilité de procréation au cours de l’acte sexuel, et d’expression du don des corps.

Nous pourrions nous dire que finalement , nous avons été crées « de travers », de sorte que notre fertilité nous empêcherait de vivre pleinement notre sexualité… Mais l’Eglise, par la bouche de ses Pasteurs (1) (2), nous rappelle « qu’il ne saurait y avoir de vraie contradiction entre la loi divine concernant la transmission de la vie et celle qui demande de favoriser le véritable amour conjugal » 

Il n’y a pas incompatibilité, mais une difficulté que les conjoints peuvent surmonter et qui enrichit en retour leur amour mutuel.


Nous sommes donc bien créés, avec notre fertilité, continuelle pour l’homme et cyclique pour la femme et donc pour le couple. Notre corps a une sagesse, qui s’exprime donc dans un rythme fait d’alternance de périodes fertiles et non fertiles.
Modifier la fonction de reproduction par la contraception, c’est quelque part toucher à la relation avec notre Créateur. C’est s’ériger au dessus de la façon dont on a été créés. Prendre une pilule n’a donc rien a voir avec la prise d’un antibiotique.


L’Eglise dit oui à la paternité responsable, oui à la gestion responsable en couple de sa fertilité, mais pas avec n’importe quel moyen : il faut que ce moyen respecte la façon dont on a été créé, avec cette capacité de donner la vie qui est un des sens de l’acte sexuel, l’autre sens étant la communion d’amour au cœur du couple. Si nous mettons de coté, si nous dissocions cette dimension de procréation possible, nous ne respectons plus complètement la grandeur, la dignité de l’acte sexuel et son sens profond.
(1)Concile Oecum.Vatican II ; Gaudium et spes 51 (2)J.Paul II :Familiaris consortio chap.33

 

 

En tant que chrétiens, comment faire un choix éclairé pour une régulation des naissances?

 

Nous pouvons nous demander tout d'abord à quelles ressources faire appel pour faire un choix éclairé?

D’abord la vie de l’Esprit, présent en chacun. Pas de vie morale chrétienne, sans vie spirituelle chrétienne. La force et la légitimité de nos choix éthiques (« la loi ») dépend en bonne partie de nos choix spirituels (« la foi »). Le christianisme, c’est « pas de Loi sans Foi » ! Nous ne pouvons faire ou demander des choix éthiques sans se poser la question des moyens que nous donnons à une vie spirituelle.

Nous faisons partie d’une Eglise- mère qui nous enfante à la vie de notre Père en nous communiquant celle du Fils. Cette mère est éducatrice et nous donne des règles de vie pour nous guider vers la vérité «  qui nous rendra libre » (St Jean). La contrainte (faire les choses sous le registre de l’obligation) est une absence ou une ignorance de liberté. Nous avons droit à l’objection de conscience, mais nous devons nous questionner sur la nature de cette liberté si nous sommes trop souvent, sur des lois particulières, en situation d’objection de conscience. La loi ne nous est pas d’abord donnée pour être contournée.

Pour que cette liberté puisse advenir, nous devons apprendre à éclairer, à informer notre conscience. Ne pas l’enfermer dans notre subjectivité. Se documenter, «  interroger nos pères » dit la Bible. Entendre d’autres arguments, les réfuter ou les accueillir avec notre raison. S’obliger à fonder nos choix. Se construire son argumentaire cohérent et clair (qui réfute les arguments non convaincants que je risque de retourner en moi pour m’empêcher d’évoluer). Chercher les arguments qui impliquent en moi raison et foi, intelligence et amour. Le mal n’est pas tant de désobéir (nous sommes tous pécheurs et imparfaits) que de s’enfermer dans sa subjectivité. Il doit rester sauf, en fin de compte, de suivre sa conscience éclairée au terme de cette recherche bienveillante.

La meilleure option pour bien vivre le partage et la rencontre sexuelle est « une sexualité parlée ». Une régulation naturelle du choix de donner la vie est la meilleure communication du couple, car elle est portée par les deux. La communication réussie est une communion. Dans le couple, il arrive que des choix soient décidés une fois pour toutes et que sur ce sujet, il y ait absence de communication, de remise en cause. Se respecter, c’est communiquer et vice-versa.

Un rabbin parlait à ce propos du « shabbat du corps » : Dieu a créé le corps de la femme comme la terre en lui donnant une aire de repos ! Nous « médicalisons » trop vite le corps dans ce domaine comme dans d’autres, nous le gavons et il risque de se rebiffer contre les excès.

Père Philippe Marsset

 

Que pense l'Eglise si nous prenons un préservatif en période fertile?

 Passer du respect du rythme naturel de la vie des corps pour une planification des naissances à une méthode contraceptive (temporaire) me semble pour un couple toucher et introduire un changement de mode de communication entre vous sur le rythme et le sens de votre vie sexuelle. Vous avez choisi une méthode naturelle attentive au cycle de la vie et cela a posé une qualité de confiance, de gestes et de demandes entre vous. En changer va modifier ce langage adopté ensemble et c'est une décision consensuelle et motivée que vous devez prendre.
Par ailleurs, la réflexion éthique (sur les choix à faire) est toujours une décision qui doit être éclairée, "informée" pour ne pas être "enfermée" dans la subjectivité (même à deux) de sa pensée. Mettez en perspective votre choix: pourquoi le faisons-nous? Pourquoi voulons-nous essayer autre chose? Où se trouvent nos raisons? Est ce que nous ne voulons plus d'enfants? Est ce qu'il y a une frustration ou une souffrance chez l'un de nous? Les réponses et les enjeux ne sont pas les mêmes.
S'agit-il de retrouver une confiance qui bat de l'aile? Est ce une question de communion, de communication de la tendresse entre vous? Y a t'il une dimension de frustration dans votre vie sexuelle? Eclairez votre conscience, prenez conseil, donnez du sens à cette nouveauté, donnez lui aussi une durée (pour ne pas vous installer dans ce qui apparaitra comme une facilité au détriment d'une heureuse communication). Soyez responsables et loyaux pour que soient sauvegardées les exigences de l'amour de don (l'amour obaltif).
Il me semble enfin qu'un partage de confiance avec des amis qui ont fait pour des raisons écologiques ou/ et religieuses le choix d'une contraception naturelle dans la durée peut vous aider. Vous êtes uniques dans votre histoire, mais les problémes et les réflexions des uns peuvent éclairer ou aider les autres. C'est là aussi un enjeu ecclésial ou à tout le moins fraternel.

P.Philippe Marsset

 

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